Recyclage enzymatique : De la vanilline issue du plastique

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La structure moléculaire de l’acide téréphtalique et celle de la vanilline sont proches. – (c)DR

Des chercheurs de l’université d’Edimbourg (Royaume-Uni) ont publié un article scientifique dans la revue Green Chemistry  sur une nouvelle voie de production de vanilline. Pour cela, ils se sont basés sur les technologies de recyclage enzymatique du polyéthylène téréphtalate (PET). Certaines technologies – à l’image de celle développée par Carbios – permettent de dépolymériser grâce à des enzymes le PET en ses monomères de base : le monoéthylène glycol et l’acide téréphtalique. C’est à partir de ce dernier que les scientifiques écossais ont réussi à produire de la vanilline. Cette catalyse est possible grâce à la proximité structurelle des deux molécules.

L’article rapporte la modification génétique de la bactérie Escherichia coli (E. coli) pour « le recyclage direct de l’acide téréphtalique monomère dérivé du PET en une petite molécule à valeur ajoutée de vanilline ». Selon les résultats de l’étude, 79 % de l’acide téréphtalique a été converti en vanilline après l’optimisation du processus. Soit un taux 157 fois supérieur aux résultats obtenus dans les conditions initiales, autrement dit avant l’optimisation de la bactérie. La vanilline est un composé aromatique très présent dans les industries agroalimentaire, cosmétique et pharmaceutique, et entre dans la composition de produits d’entretien et d’herbicides. À l’heure actuelle, 85 % de la vanilline est synthétisée à partir de produits chimiques dérivés de combustibles fossiles car la production « naturelle » de vanille ne peut pas faire face à la demande (37 000 tonnes de vanilline commercialisées en 2018). L’équipe de recherche va se concentrer dans le futur sur l’optimisation du processus et à son extension à d’autres métabolites. « Fondamentalement, ce travail confirme la philosophie selon laquelle le plastique post-consommation peut être considéré non pas comme un déchet, mais plutôt comme une ressource carbonée et une matière première pour produire des matériaux et des petites molécules à haute valeur ajoutée et pertinents sur le plan industriel », ont conclu les scientifiques dans leur publication.

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