Les microalgues contre l’acné

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Et si les extraits de microalgues aidaient à lutter contre l’acné ? Selon un récent brevet, cela pourrait être possible. L’Ifremer, l’université de La Rochelle (Charente-Maritime), le CNRS, l’université de Limoges (Haute-Vienne) et le CHU de Nantes (Loire-Atlantique) ont collaboré pour le développement d’un extrait de microalgues agissant contre les bactéries de la peau, dont celles à l’origine de l’acné. Cette équipe mixte de recherche a d’ailleurs déposé un brevet pour cet extrait en octobre 2021. « Notre composition est un extrait naturel de Skeletonema marinoi. Après une extraction à l’éthanol, la solution est simplement séchée et intégrée dans une crème ou un gel », a expliqué Jean-Baptiste Bérard, ingénieur en biologie marine à l’Ifremer. Skeletonema marinoi est un organisme commun de l’océan Atlantique et dans les eaux côtières. Elle se cultive très facilement en laboratoire et est déjà exploitée en aquaculture.

Une alternative aux antibiotiques et aux rétinoïdes

Cet extrait a montré son efficacité grâce à des tests in vitro sur trois espèces de bactéries responsables de formes plus ou moins sévères de l’acné : Cutibacterium acnes, Staphylococcus aureus et Staphylococcus epidermis. En traitant les formes légères de l’acné, cela permettrait d’éviter d’aboutir à des formes plus sévères. Cet extrait constituerait une alternative potentielle à l’utilisation d’antibiotiques ou de rétinoïdes généralement prescrits. Pour fonctionner, cet extrait est photoactivé. Autrement dit, il suffirait d’appliquer le produit sur le visage et de s’exposer à la lumière. « Parce que les molécules de notre extrait sont photoactivables, c’est-à-dire soumises à la lumière, elles réagissent en libérant de l’énergie dans leur environnement et créent ainsi d’autres molécules qui éliminent les bactéries responsables de l’acné. L’extrait limite aussi la sécrétion de sébum », a détaillé Jean-Baptiste Bérard. Le développement de cet extrait se fait dans le cadre de la stratégie d’innovation de l’Ifremer qui vise à soutenir l’innovation en appui au développement de l’économie bleue. L’un des objectifs principaux est de faire émerger des projets capables de capter un marché au bout de 18 à 24 mois.

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