Le BBI JU a créé onze bioraffineries en Europe

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Le partenariat public-privé BBI JU aura-t-il joué un rôle essentiel dans la reprise verte de l’Europe au travers de bio-industries ? L’objectif clé de ce programme, démarré en 2014, était de créer des bioraffineries de premier plan qui produisent des matériaux biosourcés compétitifs et durables à grande échelle, tout en déployant de nouvelles technologies et de nouveaux modèles commerciaux. À son achèvement en 2020, le BBI JU a financé 11 flagships. Autrement dit, des « bioraffineries phares », les premières de leur genre. Ces projets sont sélectionnés pour leur potentiel de réplicabilité élevé. Ces modèles commerciaux ont la capacité d’être appliqués à d’autres industries biologiques, stimulant ainsi l’innovation et la bioéconomie en Europe.

En subventionnant ces flagships, le BBI JU « a réduit le risque des investissements dans l’industrie biologique et connecte la production au marché », ce qui est « essentiel pour créer une bioéonomie compétitive et durable en Europe ». En effet, les seuls projets financés par le BBI JU ont permis la création de 3 500 emplois directs et 10 000 emplois indirects, principalement en zones rurales et côtières contribuant à la revitalisation de ces régions.

La France en tête

En comptant trois des flagships sur son territoire, la France prend la première place de ce programme, suivie par les Pays-Bas qui accueille deux projets. Le projet français le plus abouti n’est autre que celui porté par la société Ÿnsect, Farmÿng, qui produit des protéines à destination de l’alimentation animale à partir d’insectes. Implantée à Amiens, cette unité devrait entrer en production dès le début de l’année 2022. La plateforme de Carling-Saint-Avold (Moselle) accueille deux flagships : les projets ReSolute et AfterBioChem. Le premier, porté par la société Circa, a pour objectif de produire du lévoglucosénone à partir de cellulose. La future unité devrait entrer en service à la fin de l’année 2022. Quant au projet AfterBioChem, porté par Afyren-Neoxy, il vise à produire des acides organiques à partir de coproduits de betterave sucrière, et devrait entrer en production dès 2022.

Le BBI JU, doté d’un budget de 3,7 milliards d’euros, a pu subventionner pas moins de 123 projets représentant 924 bénéficiaires répartis dans 37 pays. Dans le détail, le programme européen Horizon 2020 a versé 975 M€ à ces projets, et le BIC, représentant le secteur privé, a apporté 2,7 Mrds €, à des projets de R&D ou d’unités pilotes, en plus des flagships. « D’ici à 2024, chaque euro de financement du BBI JU devrait avoir attiré une contribution privée de 2,8 € », précise le consortium. En effet, selon les données du BBI JU, de plus en plus d’entreprises en dehors de l’Union européenne s’engagent en Europe dans les projets de bioraffineries, à l’instar de la FootPrint Coalition qui a investi dans la société française Ÿnsect. Ce programme ayant pris fin en 2020, un nouveau programme va lui succéder : le Circular Bio-based Europe Joint Undertaking (CBE JU). Il devrait mobiliser jusqu’à 2 Mrds €, répartis à parts égales entre les partenaires publics et privés.

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