La stratégie d’accélération sur les produits biosourcés recevra 420 M€ de soutien

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(c) Ministère de l’Economie

Cela fait plusieurs mois qu’une stratégie d’accélération était en préparation dans le domaine des « Produits biosourcés et biotechnologies industrielles » associés aux « Carburants durables ». En Moselle, à l’occasion d’une visite de la centrale à charbon Émile Huchet qui s’apprête à arrêter l’usage de ce combustible polluant, et de la société Afyren qui s’installe tout à côté sur la plateforme chimique Chemesis, les deux ministres Barbara Pompili et Agnès Pannier-Runacher en ont annoncé les contours. La stratégie sera dotée de 420 millions d’euros de soutiens publics du Programme d’investissements d’avenir, en complément des efforts déjà engagés dans le cadre de France Relance. « La stratégie a été élaborée par une task-force sous le pilotage du secrétariat général pour l’investissement et regroupant les ministères et les opérateurs de l’État concernés. Elle a fait l’objet d’une consultation publique en ligne d’avril à juin 2021 (entreprises, fédérations professionnelles, associations, collectivités, organismes de  recherche, etc.), qui a permis de préciser et prioriser le contenu de la stratégie d’accélération, mais aussi de contribuer à la conception des premiers appels à projets », ont commenté les deux ministères.

Si le domaine du biosourcé a le vent en poupe, c’est parce qu’il répond à de nombreux enjeux environnementaux : décarbonation de l’industrie et des transports, stockage de carbone atmosphérique, protection de l’environnement, santé humaine grâce à la production de produits moins toxiques ou à des procédés moins polluants, économie circulaire, réduction de la dépendance au pétrole, « reconception » des intrants pour prendre le virage de l’agroécologie.

Il y a, par ailleurs, des perspectives importantes d’industrialisation. « La stratégie ambitionne de développer une filière industrielle française des produits biosourcés et des carburants durables, compétitive sur le territoire national et à l’export, vecteur d’une plus forte indépendance extérieure de la France, créatrice d’emplois et promouvant un développement durable d’un point de vue environnemental », indique le communiqué des ministères. En France, la chimie organique, basée sur des matières premières végétales, qui comprend les procédés de biotechnologies industrielles, ne représente que 5 % de la valeur ajoutée de l’industrie chimique française, soit environ 1 milliard d’euros, selon le cabinet Nova Institute (chiffres 2019). Elle peut donc aller plus loin. Quant à la filière des carburants aéronautiques durables – c’est-à-dire des carburants issus de biomasse agricole, forestière ou algale ou de carburants de synthèse produits à partir d’énergie renouvelable -, c’est le moment d‘investir dedans. Le gouvernement français a adopté une feuille de route qui prévoit un objectif de substitution de 2 % du carburant conventionnel fossile par des alternatives durables en 2025, puis un objectif de 5 % en 2030.

Et pour permettre ce décollage, les pouvoirs publics ont les idées claires. Ils prévoient d’investir dans la R&D, l’innovation, le déploiement industriel via l’accompagnement de premières industrielles, la mise en place d’un cadre économique réglementaire favorable et la formation. Derrière, on va retrouver nombre de programmes de recherche, d’appels à projets ou à manifestation d’intérêt, de soutiens à des investissements industriels. Bref, tout l’étendard des solutions déployées depuis des mois pour mettre la France sur le chemin de la réindustrialisation.

Les chiffres clés de la chimie du végétal. – (c)ACDV
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