CO2 : Fermentalg teste son puits de carbone à l’échelle pré-industrielle

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Fermentalg et Suez inventent des puits de carbone pour les villes.

Le groupe libournais Fermentalg a annoncé la signature d’un contrat d’expérimentation avec une société spécialisée dans la R&D de solutions de biocontrôle à base de microorganismes marins, Immunrise, et Pot au Pin Energie, une structure de production de biométhane à partir de matières premières agricoles. Ce contrat porte sur l’expérimentation d’un puits de carbone, mis au point par Fermentalg et Suez, sur le site de méthanisation de Cestas (Gironde). D’une capacité de 10 m3, il s’agira du premier démonstrateur pré-industriel de ce type, et du sixième puits de carbone en fonctionnement de la société libournaise. L’objectif de ce photo-bioréacteur est de capter et dissoudre le CO2 produit par l’unité de méthanisation afin de le valoriser comme traitement naturel antifongique. Pour cela, Immunrise a sélectionné Amphidenium caterae, une souche de micro-algues, afin de capter et séquestrer le carbone et le transformer en biomasse organique via la photosynthèse. « Nous entrons dans une nouvelle ère de la lutte contre le réchauffement climatique. Alors que les solutions centrées sur la capture du CO2 se heurtent à la barrière du coût de mise en œuvre, nous apportons, grâce à la valorisation de la biomasse algale, un rationnel économique indiscutable en plus du bien-fondé écologique », a déclaré Philippe Lavielle, p-dg de Fermentalg.

Ce projet collaboratif, soutenu par la région Nouvelle-Aquitaine, a été identifié par Bpifrance comme « présentant des ruptures technologiques et des objectifs industriels prometteurs dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir ». À ce titre, il sera doté d’un financement de 1,1 million d’euros, sous forme d’un mix de subventions et d’avances récupérables partagées entre l’État et la région Nouvelle-Aquitaine. Cette unité pré-industrielle devrait être mise en service au courant du troisième trimestre 2021, et ce pour une durée de 12 mois. Les partenaires envisagent d’ores et déjà une mise à l’échelle semi-industrielle avec une unité de 150 m3. À terme, ils espèrent une unité industrielle d’une capacité de 2 000 m3, ce qui permettrait d’assurer la captation de l’intégralité du CO2 émis par le méthaniseur de Pot au Pin Energie.

Ce programme a vocation à rejoindre le périmètre de la coentreprise entre Fermentalg et Suez, en cours de création, qui vise à accélérer l’industrialisation et la commercialisation de ce type de dispositifs de séquestration de carbone.

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