Clariant a démarré ex-nihilo à Toulouse

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En 2017, Clariant s’est lancé dans le domaine des actifs pour la cosmétique. Et c’est à Toulouse qu’il a choisi d’installer son centre névralgique.

Clariant a choisi d’installer son activité d’ingrédients cosmétiques dans le Biopark by Sanofi en périphérie de Toulouse.

C’est en mode start-up que Clariant a décidé d’investir le domaine des actifs cosmétiques début 2017.  A cette époque, le groupe suisse venait à peine d’entrer dans le capital de BioSpectrum en Corée et de Beraca au Brésil,  deux entreprises spécialisées dans le développement d’ingrédients inspirés par la nature. Mais il lui fallait une base pour étendre le portefeuille de produits apportés par les sociétés. « Un jour, j’ai reçu un appel de la direction m’expliquant que le meilleur endroit pour installer une telle activité était la France, le pays de la cosmétiques et que l’on comptait sur notre filiale française pour trouver le meilleur emplacement possible » se souvient Arnaud Freté, président de Clariant en France. Toulouse proposait de nouvelles capacités d’accueil dans un environnement à la fois médical et cosmétique grâce à la reconversion d’un centre de recherche de Sanofi en parc technologique, aujourd’hui appelé Biopark by Sanofi. « Outre la présence de clients potentiels, l’écosystème toulousain avait l’avantage de nous donner accès à des technologies innovantes, ainsi qu’à l’expertise de prestataires extérieurs spécialisés dans la cosmétique » ajoute Alexandre Lapeyre, directeur marketing monde de l’activité Active Ingredients.

Ernesto Horikoshi, déjà parmi les collaborateurs de Clariant en 2017, a ainsi reçu la mission de bâtir ex nihilo une équipe, désormais au complet. Le noyau dur, composé d’une équipe d’experts, est néanmoins installé à Toulouse. L’activité peut s’appuyer à la fois sur les services support de Clariant France, ainsi que sur des ressources en business, marketing et ventes de la business unit Industrial &Consumer Specialties à laquelle elle appartient. Cette BU propose déjà de nombreux ingrédients pour la cosmétique, comme des émulsifiants, des tensioactifs ou des conservateurs.  Du coup Clariant a pu se bâtir en un rien de temps une activité de taille mondiale, en minimisant l’investissement. « Du man power principalement », résume Arnaud Freté.

Tester l’efficacité des actifs par la biologie

Dans sa feuille de route, Ernesto Horikoshi s’est notamment attelé à bâtir une équipe de biologistes capables de tester l’efficacité d’ingrédients proposés par ses partenaires Biospectrum et Beraca. Dans les laboratoires toulousains, les équipes de Clariant réalisent donc des tests sur des modèles créés à partir de cultures de cellules de peau, de peaux reconstruites ou de peaux récupérées à la suite d’actes chirurgicaux – des explants – dans le respect des réglementations. Toutes ces peaux sont notamment soumises à des stress ou des polluants pour réaliser des modèles sur lesquels on va pouvoir tester le bénéfice de tel ou tel ingrédient. Clariant est par exemple à l’origine d’un modèle de peau synchronisée qui a été exposée à la lumière bleue en tant que facteur de stress pour déréguler son rythme circadien. Il a permis la mise au point de l’actif B-Circadin permettant de  resynchroniser le rythme des gènes circadiens tout en ayant une action protectrice sur les cellules de la peau subissant un stress oxydatif induit par la lumière bleue. Cet actif est extrait de Lespedeza capitata, une plante médicinale originaire de Corée du Sud.

Clariant est également à l’origine d’Eosidin, un ingrédient cible l’immuno-modulation de la peau pour améliorer la peau sujette aux conditions atopiques et à l’hypersensibilité.  La base d’Eosidin se trouve dans la pelure de Citrus unshiu vert, un type d’agrumes cultivé dans l’archipel de Jeju au sud de la Corée, riche en synephrine et hesperidin. Il est connu pour sa chair orange vif et sa peau verte. Les fruits utilisés sont en fait un déchet de la taille des arbres bien avant la récolte qui étaient jusqu’à présent jetés. Or ces fruits immatures comptent pour 10% de la production de Jeju. Dernier exemple avec Epseama issu de l’algue Laminaria japonica qui permet de réduire les signes du vieillissement cutané et renforcer les capacités d’autodéfense de la peau. Cet actif cible le long ARN non codant, nc886, récemment reconnu comme un régulateur clé de la PKR, une protéine connue pour induire un vieillissement prématuré. Dans un deuxième temps, non content de pouvoir tester des actifs par voie biologique, Clariant envisage d’utiliser le vivant pour créer de nouveaux actifs en laboratoire, par le biais de la biotechnologie. « Nous menons de front différentes approches nous permettant de maximiser la valeur de celles-ci par rapport aux attentes marché.  Nous souhaitons valoriser le meilleur du naturel à travers différents types de recherches pour répondre aux besoins consommateurs, en apportant les innovations les plus performantes possible » ajoute Alexandre Lapeyre.

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