Cargill, Ifpen et Axens s’associent pour produire de l’acide acrylique biosourcé

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Et si l’acide acrylique biosourcé était enfin sur le point d’aboutir ? C’est en tous ce qu’espèrent les nouveaux partenaires : Cargill, Ifpen et Axens. Les trois sociétés se sont associées pour le développement et la mise à l’échelle industrielle d’un procédé de production d’acide acrylique biosourcé. Pour ce faire, ils comptent développer la technologie de conversion d’acide lactique en acide acrylique mise au point à l’échelle du laboratoire par Procter & Gamble (P&G) et pour laquelle Cargill a obtenu une licence exclusive en mai 2020. Le spécialiste américain des ingrédients alimentaires pourra ainsi la développer et augmenter sa commercialisation. La complémentarité serait le moteur de cette association tripartite : Cargill apportera son expérience dans les matériaux biosourcés, le savoir-faire de l’Ifpen dans la mise au point de catalyseurs et de bioprocédés serait précieux pour ce projet, et Axens apportera ses connaissances dans le processus de fabrication et d’industrialisation des catalyseurs. « Nous sommes convaincus que l’expertise conjuguée des trois partenaires, et notamment notre expertise reconnue dans le domaine des bioproduits, représente la véritable force de ce projet », a commenté Jean-Pierre Burzynski, directeur du centre de résultats Procédés à l’Ifpen. Même si la commercialisation de l’acide acrylique biosourcé à grande échelle n’est pas prévue avant plusieurs années, des échantillons tests pourraient être disponibles au cours des 12 prochains mois.

Un parcours chaotique

Même si Cargill s’intéresse à l’acide acrylique biosourcé depuis 2008, la production de cet ingrédient semble bien compliquée. Un premier partenariat a vu le jour entre Cargill et Novozymes en 2008, où les deux sociétés ont cherché à produire un précurseur chimique de l’acide acrylique : l’acide 3-hydroxyproprionique (3-PH). Ils ont ensuite été rejoints par BASF en 2012 pour mettre au point le procédé de conversion. Même si cela aboutit en 2014, BASF se retire du projet en 2015, anticipant un probable problème de rentabilité. Dans le même temps, Arkema cherchait à utiliser le glycérol comme matière première pour son procédé, mais n’a pas atteint le stade commercial. Face à ces échecs, Cargill n’a pas abandonné : l’Américain a racheté la technologie de fermentation d’OPX Biotechnologies. Il est aujourd’hui en phase de produire de l’acide acrylique biosourcé à grande échelle. Si cette société a fait preuve de tant de persévérance, c’est parce que les applications de ce composé sont très nombreuses : cela va des couches pour bébés aux peintures intérieures.

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