Berkem vise un tour de table de 40 M€

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Olivier Fahy, p-dg du groupe Berkem.
Olivier Fahy ( directeur général groupe Berkem )

Berkem a lancé le 22 novembre 2021 son introduction en Bourse sur l’Euronext Growth, à Paris. En proposant des titres dans une fourchette indicative de 8,49 à 10,03 € par action, le groupe néo-aquitain entend lever 40 millions d’euros d’ici au 3 décembre 2021, date de clôture de l’opération. Dès l’annonce de son intention d’entrer en Bourse le 10 novembre, des investisseurs institutionnels s’étaient engagés à hauteur de 12,8 M€. Dès le lancement de l’opération, des engagements de souscription à hauteur de 24,1 M€ avaient déjà pris par Danske Bank (environ 50 %), DNCA, Lombard Odier, Lupus Alpha, Financière Arbevel, Hermitage Gestion Privée et P. Hottinguer & Cie. Près de 50 % du montant de cette levée de fonds sera alloué à l’optimisation de la structure financière du groupe, notamment via le remboursement de dettes. Avec cette opération, la société souhaite également accélérer. Avec un chiffre d’affaires de 41 M€ en 2020, Olivier Fahy, fondateur du groupe, a pour objectif d’atteindre les 65 M€ en 2024. « Ce chiffre d’affaires pourrait être porté à 85 M€ si nous réalisons des opérations de croissance externe », a-t-il ajouté. Pour atteindre cet objectif ambitieux, 25 % des fonds levés seront destinés à l’expansion géographique du groupe, en priorité le développement de marché à l’international. Et les 25 % restants de cette opération seront destinés au renforcement de la capacité d’investissement pour la croissance externe.

Un marché en pleine expansion

Si Berkem affiche un objectif si ambitieux, c’est parce que la société croit au biosourcé. « Les produits chimiques biosourcés représentaient 10 % de la valeur du marché en 2018, et devraient atteindre 12 % en 2022. Ce marché devrait croître de 15 % par an d’ici à 2028 », explique Olivier Fahy. Selon les estimations du groupe, les produits chimiques biosourcés représenteraient alors un marché d’environ 28 Mrds €. Aujourd’hui, près de 45 % du portefeuille de Berkem est biosourcé, une proportion qui devrait augmenter progressivement puisque 100 % des produits du groupe pourraient être biosourcés. Afin de profiter de la dynamique de ce marché, le groupe s’appuie sur trois axes de développement : l’extraction végétale à destination des marchés de l’alimentation et de la cosmétique ; augmenter le taux de molécules biosourcées dans les formulations des produits de préservation de bois, les peintures et les produits de désinfection ; et les solutions suractivées. Ces dernières sont des molécules biosourcées intégrées dans les formulations conventionnelles pour diminuer la quantité de principes actifs de synthèse. « Notre stratégie n’est pas un schéma de remplacement mais d’accompagnement de l’intégration de la chimie biosourcée dans la chimie conventionnelle », explique Olivier Fahy.

Un développement industriel à l’international ?

Actuellement, Berkem dispose de trois sites industriels. Le site historique du groupe, à Gardonne (Dordogne), mis en service en 1964 et acquis en 1993 lors de la création de Berkem, réalise l’extraction d’actifs naturels, et, depuis la reprise de la société Adkalis, les solutions de protection du bois. Depuis la reprise de la société Eurolyo à Chartres (Eure-et-Loir), le groupe réalise des lyophilisations. À La Teste-de-Buch, en Gironde, Berkem a repris la société Lixol et y développe des résines alkydes. « Même si notre expansion géographique se fera surtout autour du développement de nos marchés, il n’est pas exclu que nous construisions un site industriel », avance Oliver Fahy. En effet, il est possible que certains clients, notamment aux États-Unis, demandent une production à proximité directe. En revanche, les activités d’extraction et de purification seront conservées en France.

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