Stora Enso et Cordenka partenaires pour une fibre de carbone biosourcée

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La bois comme matière première.

Utilisée pour fabriquer des matériaux composites légers et performants, la fibre de carbone contribue largement à la réduction des gaz à effet de serre lorsqu’elle permet l’allégement de véhicules ou d’avions, ou la fabrication de pales d’éoliennes permettant la production d’énergie renouvelable. Seul bémol, sa propre empreinte carbone. Jusqu’ici la fibre de carbone était fabriquée à partir de PAN (polyacrylonitrile), une matière première issue du pétrole.

C’est ainsi que le Suédois Stora Enso et l’Allemand Cordenka ont décidé de s’associer pour co-développer de nouveaux précurseurs de fibre de carbone, en version biosourcée à partir de bois. Dans le détail, la cellulose est d’abord convertie en viscose puis mélangée avec de la lignine pour former une pâte à filer qui est ensuite convertie thermiquement en fibre de carbone.

Le procédé a d’ores et déjà été mis au point en laboratoire chez Stora Enso mais son association avec Cordenka, un important producteur de fibres de viscose, va permettre un passage à l’échelle pilote, grâce aux équipements de filature du site d’Obernburg de Cordenka, en Allemagne.

Cette fibre carbone se veut plus durable, mais aussi compétitive par rapport à des équivalents pétrosourcés, explique Markus Mannström, vice-président de la division Biomatériaux de Stora Enso, qui invite des partenaires en aval de la chaîne de valeur, tels que des entreprises de fibre de carbone, à rejoindre la collaboration.

Application pressentie dans les pales d’éoliennes

Stora Enso e Cordenka estiment que la demande en fibre de carbone augmente régulièrement de l’ordre de 10% par an. Dans un premier temps, ils visent le marché des pales d’éoliennes qui représenterait 20% de la demande, et alors que les applications dans le transport risquent d’être malmenées pendant un temps avec la crise du Covid-19.

Canoe déjà sur le coup

Néanmoins, ils ne sont pas les seuls à s’attaquer à ce marché de la fibre de carbone low cost et biosourcée. En France, sur la plateforme de Lacq, la société Canoe travaille également sur le développement d’une fibre par carbonisation de la cellulose. Ceci entre dans le cadre du projet Force, en collaboration avec l’IRT Jules Verne. Le projet est même plus avancé puisqu’une ligne pilote semi-industrielle avait déjà été prévue pour la fin 2019.

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