Le transport et le stockage du CO2 font un pas en avant

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Les géants pétroliers Equinor, Shell et Total ont fait part de leur décision d’investissement dans le projet norvégien Northern Lights. Ce projet de captage-stockage de CO2 (CCS) prévoit de capter le dioxyde de carbone d’une ou deux sources industrielles afin de le stocker en mer du Nord dans des aquifères salins profonds, des roches poreuses permettant d’emprisonner le CO2 en grandes quantités. Motivé par une lourde taxe carbone, Equinor (anciennement Statoil) stocke depuis 1996 un million de tonnes de CO2 par an dans le sous-sol de la mer du Nord. Face à ce premier succès, de nouveaux projets ont vu le jour, à l’image de Northern Lights. Les plans de développement et d’exploitation de Northern Lights ont été remis au ministère norvégien du Pétrole et de l’Energie. Les géants pétroliers, en attente de la validation par les autorités norvégiennes, devraient investir environ 6,9 milliards de couronnes norvégiennes (628 M€).

Stocker 1,5 Mt de CO2

« Le projet Northern Lights pourrait être le premier pas vers le développement d’une chaîne de valeur du CCS, indispensable pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de lutte contre le changement climatique définis par l’accord de Paris », a déclaré Anders Opedal, directeur exécutif Technologie, Projets & Forage d’Equinor. En effet, la première phase du projet devrait permettre de transporter, injecter et stocker jusqu’à 1,5 million de tonnes de CO2 par an dans le plancher sous-marin de Norvège. Si les autorités norvégiennes donnent un avis favorable à ce projet en 2020, la phase 1 devrait démarrer en 2024. Comme le détaillait David Nevicato, responsable du programme R&D CCUS chez Total, à InfoChimie Magazine en novembre 2019, l’un des axes stratégiques des engagements sur le climat de Total est la neutralité carbone, pour laquelle la séquestration du CO2 est indispensable : « A terme, ce sont 5 à 10 milliards de tonnes de CO2 qu’il faudra être capable de stocker pour avoir un impact visible sur le climat. »

Une technologie capable de décarboner l’industrie

Lors d’une table ronde organisée par l’IFP Energies Nouvelles (IFPEN) le 15 novembre 2019, Mechthild Wörsdörfer, directrice du développement durable, des technologies et des perspectives énergétiques à l’Agence internationale de l’énergie (AIE), déclarait que « le CCS fait partie des rares technologies capables de décarboner l’industrie ». Selon les données de l’AIE, cette technologie devrait permettre d’éviter l’émission de 8,2 milliards de tonnes de CO2 d’ici à 2050, soit l’équivalent de 19 % de l’effort nécessaire pour la réduction des émissions de gaz à effets de serre. Pour l’experte, si le CCS n’est pas déployé, il sera impossible d’atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris. C’est pourquoi les géants de l’industrie pétrolière se mobilisent pour développer cette technologie. Deux précédents projets norvégiens – Sleipner et Snøhvit – ont d’ores et déjà permis de stocker 20 Mt de dioxyde de carbone dans des aquifères salins.

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