Huile de palme : l’ascenseur émotionnel pour Total

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L’huile de palme comme matière première pour biocarburant.

L’huile de palme sera-t-elle ou non inscrite dans la liste des biocarburants ? Depuis le 15 novembre après-midi la décision est en suspens. Pourtant l’Assemblée nationale avait voté la veille un amendement concernant le maintien de l’huile de palme dans la liste des biocarburants, dans le cadre de la loi de finances pour 2020. Mais face à la polémique provoquée par ce vote, les opposants déclarant que le gouvernement avait cédé au lobbying de Total, le premier Ministre a annoncé en milieu de journée qu’un second vote serait organisé « constatant l’absence d’un débat suffisant sur un sujet aussi important ».

Situation avant le vote du 14 novembre

En décembre 2018, l’huile de palme sort de la liste des biocarburants dans le cadre du vote de la loi de finances pour 2019, voyant ainsi son avantage fiscal revu à la baisse. Cette mesure devait être mise en œuvre dès le 1er janvier 2020. Dans la foulée Patrick Pouyanné, p-dg de Total, s’oppose à cette décision : en effet, la bioraffinerie du groupe située à La Mède devait traiter au maximum 300 000 tonnes d’huile de palme par an. Fin juillet, le p-dg saisit le Conseil Constitutionnel. C’est dans ce cadre qu’il est reçu au mois de septembre en audition à la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Audition au cours de laquelle Patrick Pouyanné déclare que cette mesure représenterait une perte de 70 à 80 M€ pour le groupe, et que cela aurait pour conséquence d’exporter la production du site en Allemagne. La décision du Conseil, prononcée en octobre, est claire : Total est débouté de sa demande. Suite à cette décision, Patrick Pouyanné rappelle que la perte financière engendrée par la sortie de l’huile de palme de la liste des biocarburants risquait d’entraîner une incapacité du géant du pétrole à tenir ses engagements, à savoir un approvisionnement en huile de colza auprès des agriculteurs français. Cette pression exercée par le groupe serait, selon les opposants à l’huile de palme, la raison du vote du 14 novembre.

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