Ethanol cellulosique : Clariant industrialise sa technologie Sunliquid en Roumanie

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Hauts dignitaires roumains et dirigeants de Clariant donnent le coup d’envoi des travaux de construction.

Le 12 septembre, Clariant a célébré à Podari, tout près de Craiova en Roumanie, le démarrage de la construction d’une installation d’un nouveau genre. Le groupe de chimie de spécialités suisse s’apprête à construire une unité de production d’éthanol cellulosique (éthanol 2G) de taille industrielle (50000 t/an d’éthanol) moyennant un investissement de plus de 100 millions d’euros auxquels s’ajoutent 24,7 M€ de subventions recueillies dans le cadre du programme européen BBI JU, consacré aux premières industrialisations de procédés innovants relevant de la bioéconomie (projet Lignoflag). Cette usine, qui produira ses premiers lots en 2020 selon le procédé Sunliquid, convertira 250000 t/an de paille, recueillies auprès d’agriculteurs roumains dans un périmètre de 80 km autour de l’usine. Elle contribuera à la création de 100 emplois directs et 300 indirects.

Un démonstrateur en Bavière

La production d’enzymes intégrée est une des clés de la performance du procédé.

Alors qu’il n’a pas vocation à être un producteur d’éthanol, le groupe Clariant prouve par cet investissement sa foi dans son procédé. Il a fait l’objet de plus de 4 années de développement au laboratoire et au stade pilote – notamment dans le nouveau centre de recherche biotech de Planegg à Munich – et de 6 années de démonstration dans une installation de 1000 t/an d’éthanol basée à Straubing en Bavière. Grâce à un procédé totalement intégré, le groupe pense avoir résolu notamment la question du coût de production de cet éthanol 2G qu’il dit être aligné sur la production d’éthanol 1G (à partir de matière première également alimentaires).

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Une première vente de licence

Avant même que cette usine ne sorte de terre, Clariant a d’ailleurs décroché un premier contrat de licence avec l’énergéticien slovaque Enviral. Ce dernier envisage d’industrialiser la technologie avec une unité de 50000 t/an sur son site de Leopoldov qui produit déjà de l’éthanol 1G.

Au delà de ce procédé Sunliquid, dont il a hérité en 2011 par le rachat de Süd-Chemie, Clariant ne cache pas ses ambitions dans le domaine des produits biosourcés et de la biotechnologie industrielle. En 2015, le groupe a regroupé ses forces en recherche dans un nouveau centre installé à Planegg dans les environs de Munich. Quelque 110 chercheurs travaillent dans ces locaux. Ce domaine est clairement une des voies retenues par Clariant pour répondre aux enjeux d’innovation et durabilité qu’il s’est fixés.

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