Des écorces ou du peuplier pour produire du 2,3-butanediol

Partager cet article avec :
@Xylofutur. Le peuplier comme source de sucre 2G.

Le projet européen Rehap, visant à la production de produits chimiques biosourcés à partir de déchets agroforestiers, fait un point d’étape sur la production de 2,3-butanediol (BDO) à partir de deux biomasses différentes, à savoir l’écorce de bois tendre et le peuplier.

Première étape : production de sucres 2G

Pour ce qui est de la première étape de production de sucre de 2e génération, c’est le centre de recherche finlandais VTT qui a travaillé sur la production de sucre issu d’écorce. Elle s’est inscrite dans le cadre du développement d’un procédé d’extraction à l’eau chaude de tanins à partir d’écorce de bois tendre. Transféré avec succès du laboratoire au stade pilote en Belgique au sein du Biobased Europe Pilot Plant (BBEPP), ce procédé a permis d’obtenir des fractions de cellulose et de lignine/tanin.
Parallèlement à ce développement, le centre de recherche espagnol Tecnalia a travaillé sur la saccharification de résidus cellulosiques obtenus dans le cadre de l’extraction de la lignine du peuplier. Ces travaux ont permis de sélectionner les meilleures enzymes et conditions d’hydrolyse susceptibles d’augmenter le rendement en glucose et de minimiser la production d’inhibiteurs susceptibles d’affecter ultérieurement le déroulement de la fermentation.

Deuxième étape : fermentation de sucre en 2,3-BDO
L’étape suivante de fermentation de sucres en 2,3-butanediol (BDO) est à mettre à l’actif de la société espagnole Biosyncaucho (détenue par le fonds espagnol Tecnalia Ventures). Celle-ci a travaillé à la fois sur les sucres dérivés du peuplier, qui ont donné des résultats similaires aux sucres de première génération, et sur des sucres issus d’écorces. Dans les deux cas, la société observe que les procédures de purification sont essentielles pour éviter la présence d’inhibiteurs au stade de la fermentation.
Ces résultats ont ainsi permis de démontrer que l’utilisation de sucres de deuxième génération issus de déchets agroforestiers, obtenus après transformation de l’écorce et du peuplier, constituent une véritable alternative à l’utilisation de sucres de première génération pour la production de 2,3-BDO. Reste à passer au stade pilote.

Le butadiène en ligne de mire
C’est ainsi que les protocoles choisis pour l’hydrolyse enzymatique de la cellulose de peuplier puis la fermentation des sucres en 2,3-BDO sont en cours de transfert à BBEPP afin valider tous les procédés. A partir de là, le 2,3-BDO biosourcé obtenu pourra lui-même être utilisé pour produire d’autres composés, notamment le 1,3-butadiène qui est l’une des cibles de la société Biosyncaucho à l’attention des producteurs de pneumatiques.

Partager cet article avec :