CRISPR-Cas9 : Syngulon obtient une licence pour des applications industrielles

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Syngulon arme les bactéries de gènes bactériocines.

La société belge Syngulon vient d’acquérir auprès d’ERS Genomics (Irlande) une licence qui lui permettra d’utiliser la technologie CRISPR-Cas9, de façon non exclusive, pour des applications industrielles. Pour rappel, CRISPR-Cas9 est une technologie découverte par une Française, Emmanuelle Charpentier, qui révolutionne le domaine de la génétique en permettant de réaliser des « copier-coller » de brins d’ADN dans des génomes. De son côté Syngulon a développé des codes génétiques, dont il est propriétaire, et grâce à CRISPR-cas9, il pourra désormais les intégrer dans des microorganismes de clients en vue d’applications industrielles. « La technologie CRISPR-Cas9 va permettre à nos licenciés d’utiliser plus facilement notre technologie pour différents produits. Nous le faisions déjà au stade du laboratoire, mais cet accord de licence nous permettra de le faire au stade industriel » résume Philippe Gabant, co-fondateur de Syngulon. Car l’idée de Syngulon est d’armer de gènes de bactériocines (peptides anti-microbiens) tous les micro-organismes conçus à des fins de production industrielle pour les contrôler via la modulation de leur immunité et les protéger de différentes menaces.

Augmenter la robustesse des procédés biotech

« Nous recensons quatre problèmes auxquels nous allons répondre avec une seule technologie », selon Guy Hélin, autre co-fondateur et CEO de la société. « Deux sont liés au milieu non fermé. Le 1er est d’éviter que le micro-organisme mis au point ne puisse être pris par un concurrent et le deuxième concerne l’aspect de sureté dans le cas où le micro-organisme sortirait de la zone. Les deux autres problèmes sont liés à la nécessité d’augmenter les rendements et de prévenir les contaminations par d’autres micro-organismes. Nous proposons un pare-feu génétique qui va tuer les micro-organismes dès qu’ils sortent de la zone de contrôle et lutter contre les contaminants, augmentant ainsi les rendements ».

Cet accord devrait constituer un tremplin pour cette société de 10 personnes, qui va pouvoir désormais s’attaquer au vaste marché de la biotechnologie industrielle, notamment à de grandes entreprises souhaitant augmenter la robustesse de leurs procédés.

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