Chimie du végétal : Une indispensable mobilisation

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Editorial de la revue Formule Verte/n°38

L’industrie chimique européenne m’est longtemps apparue comme une filière accrochée à l’usage de matières premières fossiles, avec toute la flexibilité que cela pouvait lui apporter. Mais cela c’était avant. Avant que le monde ne se fragmente après s’être globalisé à outrance. Avant que l’opinion publique ne fasse pression sur l’Europe pour prendre à bras le corps le sujet du changement climatique. Avant que l’industrie chimique ne se décide à réfléchir à un futur différencié, qui ne ressemblerait pas à celui du reste du monde. Et c’est ainsi que Marco Mensink, président du Cefic, a eu des propos très éclairants, à l’occasion de l’assemblée générale de France Chimie (fédération de l’industrie chimique en France). « Nous ne pourrons pas entrer en compétition avec les Etats-Unis ou l’Asie. Nous avons besoin d’un plan » a-t-il déclaré. Puis il a estimé que ce plan devra s’appuyer sur le développement d’une économie plus verte, incluant de la circularité et du biosourcé.

Quelle satisfaction que d’entendre cette chimie du végétal, enfin élevée au rang de secteur stratégique pour l’industrie chimique en Europe. D’autant que quelques minutes auparavant, Pascal Juéry, président sortant de France Chimie, avait lui-même présenté la chimie biosourcée comme un relais de croissance pour la France, se félicitant des projets d’investissement de Metabolic Explorer, d’Afyren ou encore d’Algaia.

Alors dans ce contexte, je ne peux que vous inciter à vous précipiter au Plant Based Summit qui se tiendra les 22 et 23 mai prochain au Palais des Congrès de Lyon. Co-organisée par l’ACDV, les pôles de compétitivité IAR et Axelera et le groupe Infopro Digital, cette manifestation sera une occasion unique d’approfondir vos connaissances, de débattre, de découvrir de nouveaux acteurs et par ce biais de fertiliser notre terreau français dans le domaine de la chimie du végétal.

On ne peut pas appeler de nos vœux le développement d’une chimie du végétal sur le territoire français, pour ensuite bouder un événement national au prétexte que ce serait mieux ailleurs, par exemple du côté de l’Efib ou de Bio, le grand congrès américain sur les biotechnologies industrielles. De la mobilisation générale de l’ensemble des acteurs à participer au Plant Based Summit – grands groupes chimiques ou agroindustriels, PME, ETI, start-up, acteurs académiques, investisseurs, pouvoirs publics, associations professionnelles… – nous pourrons en déduire la volonté de construire ensemble un secteur de la chimie du végétal de tout premier plan en France.

On se glorifie toujours des atouts de notre pays : une agriculture forte, une industrie chimique forte, une association professionnelle, l’ACDV, unique en Europe, des centres techniques et pôles de compétitivité de tout premier plan, une recherche académique de pointe. Mais à ma connaissance, on n’a pas encore transformé cela en succès industriels probants. Beaucoup de sociétés ont tâtonné dans la recherche d’un business model viable. Les procédés biotech restent difficiles à développer avec des barrières techniques et financières à lever. Quant à l’industrie chimique, elle change à peine son fusil d’épaule. Et pourtant la demande en produits naturels et biosourcés explose sur de nombreux marchés. Il serait grand temps de se remobiliser. Et pourquoi pas à Lyon au mois de mai.

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