Cargill et P&G s’associent pour la production d’acide acrylique biosourcé

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Le spécialiste américain des ingrédients alimentaires Cargill a fait part de sa collaboration avec Procter & Gamble (P&G), spécialisé dans les biens de consommation courante. Ce partenariat se fait autour de la technologie de conversion de l’acide lactique en acide acrylique biosourcé mise au point par P&G. Cargill obtient, grâce à cette collaboration, une licence exclusive pour cette technologie et pourra ainsi la développer et augmenter sa commercialisation afin de l’incorporer dans de nombreuses applications. L’une des principales applications reste la fabrication de polymères superabsorbants qui peuvent absorber de grandes quantités de liquide et sont utilisés principalement dans les couches pour bébés et autres produits d’hygiène. L’acide acrylique est également utilisé comme matière première pour les liants des revêtements et adhésifs. « Les fabricants et les propriétaires de marques ont cherché des voies viables d’utilisation de l’acide acrylique biosourcé pour réduire leur impact sur l’environnement, et la technologie de conversion de P&G nous rapproche d’une solution », a déclaré M. Asheesh Choudhary, directeur du développement commercial mondial pour les activités bioindustrielles de Cargill.

Un travail de longue haleine

Cargill s’intéresse à l’acide acrylique biosourcé depuis 2008. En partenariat avec Novozymes, l’Américain a cherché à produire de l’acide 3-hydroxypropionique (3-PH), précurseur chimique de l’acide acrylique, grâce à une fermentation de sucres. Une fois cette étape réussie, BASF a rejoint les deux sociétés en 2012 pour mettre au point un procédé de conversion du 3-PH en acide acrylique. Malgré une conversion réussie en 2014, le groupe chimique a abandonné le projet en 2015, anticipant probablement un problème de rentabilité. Arkema, qui utilisait le glycérol comme matière première pour son procédé, n’a quant à lui pas atteint le stade commercial. Malgré ces échecs, Cargill a tenu bon : après l’abandon de BASF, l’américain a racheté la technologie de fermentation d’OPX Biotechnologies qui fait l’objet d’un partenariat avec Dow Chemical. Avec ce rachat, Cargill s’est rapproché d’un géant de l’acide acrylique. Ce produit chimique alimentant une gamme de produits très vaste, d’autres chimistes s’y intéressent : c’est le cas de LG Chem. Le chimiste sud-coréen a signé un partenariat avec le groupe agro-industriel américain ADM pour la production d’un acide acrylique à 100 % biosourcé, en utilisant les ingrédients de la transformation du maïs par ADM.

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