Butadiène biosourcé : Michelin construit un démonstrateur à Bassens

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Le site de Bassens de Michelin.

Michelin a annoncé la construction d’une unité de démonstration pour la production de butadiène à partir d’alcool biosourcé. Ce projet, baptisé BioButterfly, est mené en partenariat avec Axens et IFP Énergies Nouvelles. L’unité sera implantée à Bassens, près de Bordeaux, sur un site appartenant à Michelin qui utilise déjà du butadiène – pour l’heure uniquement proposé en version pétrosourcée –, pour fabriquer des caoutchoucs synthétiques. Le début des travaux est programmé pour la fin de cette année avec une mise en service fin 2020. À cette date, l’unité produira entre 20 et 30 tonnes/an de butadiène biosourcé entraînant la création d’une vingtaine d’emplois.
Comme il se doit, ce démonstrateur doit valider la chaîne complète des étapes du procédé de fabrication pour prouver sa viabilité technologique et économique à une échelle représentative. Ce sera la dernière étape avant la mise en œuvre industrielle à l’échelle de 100 000 t/an du procédé qui sera commercialisé par Axens, renforçant encore un peu plus le portefeuille de ce bailleur de licence dans le domaine du biosourcé.
À dire vrai, ce projet ne nous était pas totalement étranger. Il avait été lancé en 2012 par les trois partenaires pour un budget total de 52 M€ sur huit ans, dont un financement de 14,7 M€ de l’Ademe dans le cadre du programme des investissements d’avenir. Depuis, bien peu de promotion avait été faite sur le sujet.

Un investissement global de 70 millions d’euros 

Si les objectifs sont toujours les mêmes, le montant a été légèrement revu à la hausse puisque l’on parle désormais de 70 millions d’euros d’investissement global. Et du côté de la matière première, plutôt que de miser sur du bioéthanol dérivé de sucre, on évoque désormais l’usage d’éthanol cellulosique ou 2G, fabriqué à partir de résidus forestiers ou agricoles (paille, copeaux de bois…). Le producteur de sucre Tereos n’est d’ailleurs plus dans la boucle. En revanche, Axens a justement dans son portefeuille la responsabilité du procédé Futurol pour la production de ce type d’éthanol.
Si l’on reprend nos archives, à côté de ce projet BioButterfly, on retrouve la trace de BioAmyris lancé en 2011 qui avait aussi fait l’objet d’un financement de l’Ademe toujours dans le cadre PIA. Mené en partenariat avec la société américaine Amyris, puis Braskem à partir de 2014, il s’agissait cette fois de produire de l’isoprène, puis du polyisoprène à partir de biomasse par voie biotech. Si Michelin tient encore ses promesses, c’est un démonstrateur d’isoprène biosourcé qui pourrait à son tour être construit en France.
En attendant Michelin annonce que d’ici à 2050, 80 % des matières premières utilisées dans ses pneus seront durables. Le butadiène biosourcé devrait représenter alors près de 20 % de cet objectif.

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