Biogaz : Waga Energy lève 10 M€ pour se développer en Amérique du Nord

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Wagabox permet de purifier le méthane émanant de la décomposition des déchets organiques.

La start-up grenobloise Waga Energy a annoncé le 13 novembre une levée de fonds de dix millions d’euros lui permettant de poursuivre son expansion en Amérique du Nord. Cette société a développé une technologie permettant d’injecter dans le réseau de gaz le méthane issu des décharges. En mars 2019, Waga Energy a ouvert une filiale à Philadelphie (Etats-Unis) et une autre en octobre au Canada, dans le berceau de l’hydroélectricité québécoise de Shawinigan. Le fonds d’investissement d’Air Liquide Aliad, le spécialiste du traitement des résidus liquides Ovive et le fonds Starquest Capital ont fourni au départ 4 M€. Le fonds d’investissement Noria et Tertium, groupement d’entreprises de la région marseillaise, ont chacun versé 2,5 M€, et les fondateurs de Waga Energy ont apporté la somme d’1 M€.

Un biogaz pur à 98 % et injectable dans le réseau

« La Banque mondiale estime que 5 % des gaz à effet de serre viennent des sites d’enfouissement, au nombre d’environ 20 000 dans le monde. Et la production de déchets va augmenter avec la croissance de la population mondiale et l’urbanisation pour atteindre 3 milliards de tonnes d’ici à 2050 », a déclaré  Mathieu Lefebvre, cofondateur et p-dg de Waga. En France, il y a 200 sites d’enfouissement des déchets, alors qu’on en dénombre 2 700 aux Etats-Unis. La société grenobloise compte bien tirer profit de ces sites : Waga ambitionne de valoriser le méthane issu de la décomposition des déchets organiques dans le but, à terme, de remplacer le gaz fossile importé. Pour ce faire, la société a développé la Wagabox, un dispositif couplant une filtration par membranes et une distillation cryogénique permettant d’obtenir un méthane pur à 98 % et injectable dans les réseaux. « C’est une rupture technologique car dans le monde 50 % des sites sont à ciel ouvert, moins de 40 % brûlent le biogaz en torchère, moins de 10 % en produisent de l’électricité (avec un rendement énergétique de 30 %) et moins de 1 % en font du biométhane (avec un rendement de 90 %) », a expliqué Mathieu Lefebvre. La première unité Wagabox a été ouverte en février 2017, et aujourd’hui 6 sont en fonctionnement en France. Cinq autres unités vont bientôt ouvrir, dont une fin novembre à Lorient.

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