Aéronautique : Global Bioenergies persiste dans les biocarburants

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Marc Delcourt dans ses laboratoires d’Evry.

Repositionné à court terme sur le secteur des cosmétiques pour donner des débouchés commerciaux dès 2021 à son isobutène biosourcé, la société Global Bioenergies n’en oublie par pour autant le secteur des biocarburants, en particulier pour l’aéronautique. « Dans le projet de loi de finances 2021 présenté au Conseil des Ministres le 28 Septembre dernier, le gouvernement fixe un taux cible de 1% pour l’incorporation de biocarburants dans les carburants aéronautiques (aussi appelés carburéacteurs) et met en place un dispositif fiscal pour atteindre cet objectif cible. (…) Il s’agit en effet d’étendre à l’aérien le dispositif fiscal déjà en vigueur pour les carburants routiers, lequel a permis de faire croître la part des biocarburants jusqu’à environ 8%, et de réduire la quantité de CO2 émise par le transport terrestre en France » note le groupe francilien.

Deux projets collaboratifs dans les carburéacteurs

Dans ce domaine, Global Bioenergies est coordinateur de deux projets collaboratifs visant en particulier à démontrer la production de biocarburant aéronautique à partir de différentes matières premières. Le projet ISOPROD, cofinancé par l’Etat Français au travers du « Programme Investissements d’Avenir », repose sur l’utilisation de sucres non extractibles (résidus betteraviers). Le projet REWOFUEL repose sur l’utilisation de sucres de bois. Ce projet a reçu des fonds d’Horizon 2020, le programme de recherche et d’innovation de l’Union Européenne*.

A ce jour Global Bioenergies a produit, dans son unité pilote située sur la plateforme de Bazancourt-Pomacle et opérée par la société ARD, et dans son unité de démonstration à Leuna (Allemagne), des quantités croissantes de bio-isobutène en utilisant notamment des sucres de bois et des résidus betteraviers. Ce bio-isobutène a ensuite été converti en composés de haute performance, à plus longue chaîne carbonée, pour la formulation de carburéacteurs. Ces molécules, « intermédiaires entre une essence et un diesel », doivent avoir une forte densité énergétique et la capacité à résister à des contraintes fortes, en particulier de très basses températures.

Homologations en cours auprès de l’ASTM

Dans le cadre de la procédure de certification de l’ASTM, l’agence de certification internationale faisant référence pour l’aéronautique, Global Bioenergies a présenté ces derniers mois les résultats des analyses physico-chimiques de ses premiers lots aux opérateurs du domaine (constructeurs d’avions et motoristes).

« Sur la base des résultats de niveau de pureté, de profil d’impuretés et de courbe de distillation, les opérateurs aéronautiques nous ont encouragés à confirmer la répétabilité de ces résultats et à réaliser une liste réduite de tests fonctionnels de carburéacteurs contenant 10 % ou 50 % de nos composés d’origine renouvelable, afin de confirmer le comportement de ces mélanges en utilisation. Nous comptons leur présenter les résultats de ces tests additionnels dans les mois qui viennent », a déclaré Bernard Chaud, directeur de la Stratégie Industrielle de Global Bioenergies

« Global Bioenergies a surtout communiqué, ces derniers temps, sur les applications dans le domaine de la cosmétique ; c’est normal, puisqu’il s’agit là du premier domaine dans lequel l’exploitation commerciale de notre procédé bio-isobutène sera effective, dès 2021. Pour autant, nous n’oublions pas notre objectif à plus long terme : produire à très grande échelle afin de réduire drastiquement la quantité de CO2 émise par l’homme, et limiter ainsi le réchauffement climatique », a ajouté Marc Delcourt, directeur général de la société.

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